Comment la photographie argentique a modifié mon approche de la photo

Ces quelques mois que nous venons de passer. Ce temps qui nous a était offert, je l’ai employé à la réflexion. J’ai beaucoup mûri mon rapport à la photographie. Ce que j’aime. Comment je pratique cet art .

J’ai surtout réalisé une envie que j’avais depuis très longtemps. J’ai commencé la photographie argentique.

Je me suis donc acheté un appareil photo, quelques pellicules et j’ai réalisé mes premières captures sur négatif.
Je fais le choix de ce support uniquement pour des projets personnels, pour le moment. Mais je serais curieux d’avoir votre retour. Seriez-vous intéressé par des séances photos en argentiques? Voulez-vous que je propose ce genre de prestation? Envoyez-moi un email à hello@florianogier.com.

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J’ai redonné de l’importance à chaque photo

C’est le principal enseignement que j’ai tiré de l’argentique. Redonner de la valeur au déclenchement.
Je suis de ce qu’on pourrait appeler un serial déclencheur. Il n’est pas rare que sur une journée de mariage, je prenne plus de 8 à 9000 photographies ( avec un record à 12 000). C’est un besoin. J’aime entendre mon appareil. J’aime créer une photo. Le travail de prise de vue ne représente que 5 à 10% de mon temps ( la communication, le post-traitement, l’administratif remplis le reste). Alors quand je peux faire des photos, j’aime en profiter.

Mais voilà, depuis le début de ma pratique de la photographie, je donnais de l’importance à un reportage, à un ensemble. Moins à chaque photo qui compose cet ensemble. C’était pour moi un tout, indivisible.

Et l’argentique m’a appris à considérer chaque photographie. Chaque déclenchement. À la réfléchir. Comme étant une entité à part entière et pas seulement un élément perdu dans une masse.

Je suis désormais limité par le nombre de poses d’une pellicule

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Lors de mes sorties photo, pour capturer les paysages qui nous entourent, je pouvais facilement revenir avec 150, 200 voir 500 photographies.

Maintenant, je pars avec un film de 36 poses, parfois deux. Mais jamais plus.
Alors avant chaque exposition, je me demande toujours si la scène que j’admire méritent vraiment que je « sacrifie » une photo.
C’est une réflexion nouvelle pour moi.

Avec l’apparition du numérique et encore plus du smartphone, nous avons commencé à consommer les photos comme un bien. Nous lui avons retiré toutes valeurs. Toutes importances.
L’argentique m’a fait prendre conscience de cela. Une photographie n’est pas un acte anodin. Elle se réfléchit. Elle se pense. Il faut en mesurer chaque aspect.

En redonnant de l’importance à chacun de mes déclenchements, j’ai affuté mon oeil. Je recherche maintenant beaucoup plus l’instant parfait. Celui qui transcende. Celui qui me fait dire que j’ai LA photo de cet instant. La photo ultime.

Comme je prends moins de photo, je passe plus de temps à observer le monde qui m’entoure. À chercher le petit détail qui fera toute la différence dans ma photo!!
J’ai à mainte fois entendue l’adage suivant, « de la contrainte nait la créativité ». Et c’est vrai, je me sens plus créatif, limité par le nombre de poses possible, je laisse plus parler mon inventivité et ma créativité pour tenter de créer peu de photo, mais beaucoup plus forte.

une approche plus organique

Je suis convaincu que le souvenir en papier est magique. Il traversera beaucoup mieux les âges et les affres du temps que le numérique.

Combien de disques durs effacé par mégarde? Combien de contenu de cles USB corrompus? Combien de photo avez vous effacé de votre téléphone pour libérer de la place?
Alors que le simple bout de papier d’une photo de nos grands-parents lui traverse les âges. Sans se poser de questions. Sans se demander si le format correspond. Sans limite de place.

La pellicule m’apporte cet aspect organique.

Je vous parle depuis un moment maintenant de l’importance du papier sur le numérique. De l’importance d’imprimer vos photos. Et si le point de départ de cette quête était justement l’argentique.
Pour totalement écarter le numérique. Non pas l’effacer de nos vies. Comme pourrait le vouloir un boomer. Je ne fais pas partie de ces gens qui regardent tout le temps en arrière pour dire c’était mieux avant. J’ai très peu pratiqué la photo argentique. À part des appareils photo jetables que me donnaient mes parents lors de mes vacances. L’essentiel de ma connaissance photographique s’est fait avec le numérique. Je suis par contre convaincu que l’ancien peut apporter au présent.

J’aime cette chaine organique. Me dire que tout est papier et pas seulement des pixels. J’aime me dire que la photo que je crée existe vraiment. J’aime l’idée qu’elle ne soit pas une succession de 0 et de 1. Pas un simple signal électrique. Mais une matière, une texture.

J’ai appris à me faire confiance

Avoir un écran et un retour instantané me rassure. J’ai à une réponse directe à ma principale question. La photo est-elle réussie? J’entends par là sur le point technique. Est elle bien exposée? Pas totalement noir ou blanche.

Dans 95% des cas, la réponse est oui. Alors, pourquoi regarder l’écran? Pour se rassurer? Et s’il suffisait simplement de se faire confiance? De s’écouter.
Cela m’a permis de me détacher de cet écran, celui même qui me coupe de l’instant que je vis durant quelques secondes. En quel honneur regarder une scène sur un petit moniteur de quelques centimètres de diamètre? Alors qu’elle se déroule en vrai, face à moi. Pourquoi me couper de l’instant présent, pour revivre dans le passé, et ainsi prendre le risque de négliger l’instantané?

J’ai appris à prendre mon temps

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Lors de la prise de vue en photographie argentique, j’ai appris à prendre mon temps. À réfléchir à ma composition. Plutôt que d’appuyer et voir ce que donne la photo, je réfléchis mon cadrage, mon exposition, je pense, au rendu que je veux donner. Je ne déclenche pas à tout-va. La photo prend forme dans ma tête. Elle s’invente. Fort de cette idée, de ce rendu que je veux crée, libre à moi de trouver le meilleur moyen de le créer sur ma bobine.
Je vois d’énormes progrès sur les séances photo que j’ai réalisées depuis lors.

J’ai appris à lire la lumière avec une plus grande rapidité. À réfléchir encore plus finement ce que je voulais mettre en avant. Sur ce qui devait être bien exposé sur ma photographie.
Lors de mes dernières séances photo accomplies, je déclenche toujours autant de photographie numérique. ( prés de 800 pour ma séance de samedi dernier). Mais instinctivement je réfléchis plus sur ce que je veux photographier et comment je le photographie. J’ai ainsi pu tirer beaucoup plus de « bonnes » photos. Des photos fortes. Je peux ainsi vous proposer des photos d’une qualité et d’une force encore meilleures.

J’ai aussi appris à prendre le temps de l’oubli.

Le laboratoire étant en Espagne ( je reviens sur ce détails plus tard) cela a un coût d’envoyer mes pellicules. Alors j’attends d’en avoir plusieurs. C’est des projets personnels, je ne suis donc pas obligé d’aller vite.


Ainsi, j’oublie ce que j’ai photographié. J’oublie les images que j’ai réalisées, et j’ai ressenti la joie de recevoir mes photographies. L’excitation de découvrir des photos que j’avais prisent il y a 1 mois, parfois plus. De redécouvrir ce que j’avais oublié. De me laisser le droit de lâcher prise.

Limiter par les coûts

Je suis convaincu que la qualité primera toujours sur la quantité. Dicté par ces choix, je veux toujours choisir le produit de la meilleure qualité.
J’ai donc sélectionné des pellicules professionnelles de la gamme Fuji 400H ou Kodak Portra 400. Mon coeur balance encore entre ces deux challengers.

Pour le développement de mes pellicules, j’ai décidé de faire appel à un laboratoire d’exception situé en Espagne. 
Par choix, car malheureusement aucun acteur français ne proposait des prestations à la hauteur de mes attentes.

Ainsi, je ne peux pas prendre 500 photos lors de chacune de mes promenades. Je dois donc encore et toujours réfléchir à l’importance des paysages que la nature nous offre. À ma réelle envie de capturer ces instants.
Je me concentre sur ce que je ressens. Le moment que je vis est-il exceptionnel? Comment retranscrire cela en photo?

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Les enseignements que la photographie argentique m’a apportés.

Depuis le retour à une vie normale, j’ai repris les séances photo, mes premiers mariages vont arriver. Mais je perçois un changement dans mon état d’esprit.
Je décèle en moi une nouvelle façon d’appréhender les lumières. Une envie de jouer avec les rayons du soleil, les ombres, que je n’écoutai pas avant. Je me laissais porter par mon appareil et mon écran. J’ai appris à me passer d’un moniteur et faire confiance à mon instinct. Lors de mes dernières séances photo, j’ai remarqué que je regardais beaucoup moins mes écrans. Comme si j’étais encore plus connecté aux personnes que je photographiais.
Je n’ai jamais été un fou de matériel. J’ai toujours été persuadé que ce n’était pas le matériel qui ferait une bonne photo, mais l’émotion capturée et celle qu’elle provoquait à sa découverte. Et la photographie argentique m’a encore plus conforté dans ce sens.

Si vous voulez tenter l’aventure d’une séance photo argentique, si vous voulez qu’on prenne le temps, encore plus de temps pour réaliser des photos. Contactez-moi, pour en parler ensemble à hello@florianogier.com.

Il y a cependant un réflexe que je ne suis toujours pas arrivé à supprimer. Après chaque déclenchement sur mon appareil photo argentique, je regarde toujours pendant une demi-seconde le dos de mon boitier, pour m’apercevoir que non. La photo ne s’affiche pas…

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